Introduction
Planète bleue, eau rare : qu’est-ce qu’une ressource en eau ?
La Terre est souvent appelée « planète bleue », car environ 71 % de sa surface est recouverte d’eau. Pour le choix du surnom, l’humanité n’a certes pas fait preuve d’une créativité débordante, mais la description est plutôt fidèle.
Cette omniprésence de l’eau entretient une illusion : puisqu’il y en a partout, elle devrait être abondante pour tous.
Le problème est que l’eau et la ressource en eau douce ne sont pas la même chose.
Une planète couverte d’eau salée
Environ 96,5 % de l’eau terrestre se trouve dans les océans.
Seuls 2,5 % de l’eau présente sur Terre sont constitués d’eau douce.
La majeure partie de cette eau douce est stockée dans les glaciers et les calottes polaires. Une autre part importante se trouve sous terre. Les lacs, les cours d’eau et les zones humides n’en représentent qu’une fraction minuscule. (USGS)
Il serait pourtant trompeur d’en déduire qu’un pourcentage précis ( souvent présenté comme « moins de 1 % » ) serait directement disponible pour l’humanité.
L’eau douce souterraine, par exemple, est répartie de manière très inégale. Elle peut se trouver à différentes profondeurs, circuler dans des roches plus ou moins perméables ou se renouveler très lentement. Elle peut aussi être polluée, trop minéralisée ou éloignée des lieux où les besoins sont les plus importants.
L’eau douce terrestre ne constitue donc pas une immense réserve dans laquelle il suffirait de planter une paille.
Quand l’eau devient-elle une ressource ?
Dans le langage courant, une ressource est une chose disponible pour répondre à un besoin. Appliqué à l’eau, ce terme doit toutefois être employé avec prudence : les besoins humains ne sont pas les seuls à considérer. Les rivières, les zones humides, les sols et les espèces aquatiques ont également besoin d’eau pour fonctionner.
Dans le cadre des territoires agricoles bretons, la ressource en eau désigne :
L’ensemble des eaux douces présentes dans les sols, les cours d’eau, les retenues et les nappes souterraines, considérées selon leur quantité, leur qualité et leur disponibilité saisonnière, tout en tenant compte des besoins des écosystèmes.
Cette définition repose sur quatre dimensions.
1. La quantité
Un territoire doit disposer d’un volume d’eau suffisant pour alimenter les milieux naturels et satisfaire les différents usages.
2. La qualité
Une eau peut être physiquement présente sans être directement utilisable. Les nitrates, les pesticides, les microorganismes ou d’autres contaminants peuvent limiter son usage et dégrader les écosystèmes.
3. La disponibilité dans le temps
Une rivière peut présenter un débit important en hiver et atteindre un niveau très faible en été. Un volume annuel de pluie ne dit donc pas à lui seul si l’eau sera disponible au moment où les besoins apparaîtront.
4. La localisation
L’eau doit être présente à proximité des milieux et des usages concernés. Son transport, son traitement et son stockage nécessitent des infrastructures, de l’énergie et des financements.
- Une eau peut être présente mais inaccessible.
- Elle peut être accessible mais polluée.
- Elle peut être propre et accessible en hiver, puis insuffisante pendant l’été.
- Elle peut enfin être techniquement prélevable, mais nécessaire au maintien du débit d’une rivière ou d’une zone humide.
Préserver la ressource consiste alors à maintenir une quantité et une qualité suffisantes, au bon moment et au bon endroit, pour les populations, les activités et les écosystèmes.
La planète est bien bleue. Cela ne signifie pas qu’elle dispose d’un abonnement illimité à l’eau douce.
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Références
Sources
- GIEC, 2022-2023. Rapports AR6 sur l’adaptation, l’atténuation et les solutions fondées sur les écosystèmes.
- Observatoire de l’environnement en Bretagne, projections climatiques et hydrologiques régionales.
- INRAE, travaux de synthèse sur le rôle des haies bocagères dans la qualité de l’eau, la limitation de l’érosion et les services écosystémiques.
- Kratschmer, S. et al., 2024. Hedgerow structural diversity is key to improving biodiversity and ecosystem-service provision. Basic and Applied Ecology.