Article mis à jour le 05 août 2026
Agroécologie : que fait concrètement Breizh Oasis ?
Sécheresse, ruissellement, érosion, qualité de l’eau, excès d’eau, adaptation au changement climatique…
Ces problématiques sont souvent abordées séparément. Pourtant, sur un territoire agricole, elles sont directement liées au fonctionnement du sol, de l’eau, de la végétation, du climat, du paysage et aux pratiques agricoles.
C’est précisément le champ de travail de Breizh Oasis.
Je suis Dre Morgane LEBOSQ, agronome, écologue et agricultrice. J’accompagne les collectivités, EPCI, syndicats de l’eau et autres acteurs territoriaux dans l’évolution des systèmes agricoles face aux enjeux environnementaux et climatiques.
Ma principale porte d’entrée est l’eau et le sol, parce qu’ils permettent de comprendre une grande partie du fonctionnement d’un territoire agricole.
Regarder l’agriculture comme un agroécosystème
Une parcelle agricole ne fonctionne jamais seule.
Le sol influence l’infiltration et le stockage de l’eau. La végétation protège le sol, utilise de l’eau et modifie le microclimat. Les haies influencent les écoulements, le vent et la biodiversité. Les pratiques agricoles modifient la structure du sol, sa couverture ou encore les cycles des nutriments.
À cela s’ajoutent le climat, la topographie, le type de production et l’organisation du paysage.
Tous ces éléments forment un agroécosystème.
Mon travail consiste donc à étudier leurs interactions pour comprendre :
quels leviers peuvent être mobilisés ;
comment les combiner dans une stratégie cohérente.
Une même solution n’a pas les mêmes effets partout
Planter une haie, introduire un couvert végétal, développer l’agroforesterie ou modifier une rotation peuvent avoir un intérêt.
Leur pertinence dépend toutefois du contexte.
Le type de sol, la pente, le climat, la circulation de l’eau, le système de production ou encore les pratiques existantes vont modifier les effets obtenus.
L’objectif est donc d’éviter les réponses standardisées.
Il faut d’abord se demander :
Quel problème cherche-t-on à résoudre ?
Quelle fonction de l’agroécosystème faut-il restaurer ou renforcer ?
Quels leviers sont réellement adaptés à ce territoire ?
Concrètement, sur quelles problématiques peut intervenir Breizh Oasis ?
Par exemple :
- des parcelles ou des systèmes agricoles fortement vulnérables aux sécheresses ;
- des problèmes de ruissellement et d’érosion ;
- une dégradation de la qualité de l’eau ;
- des sols présentant de faibles capacités d’infiltration ;
- des secteurs soumis à des excès d’eau ;
- un territoire qui souhaite adapter son agriculture au changement climatique ;
- une collectivité qui dispose déjà de nombreuses études mais cherche à définir ses priorités ;
- un territoire qui souhaite construire un programme d’action avec les agriculteurs et les acteurs locaux.
Comment se déroule un accompagnement ?

Partager une base commune de connaissances.
- Comment fonctionne l’eau dans un territoire agricole ?
- Comment un sol infiltre-t-il et stocke-t-il l’eau ?
- Quel rôle joue la végétation ?
- Comment les pratiques agricoles influencent-elles ces mécanismes ?
- Qu’est-ce qu’un agroécosystème ?
L’objectif est que les participants disposent des connaissances nécessaires pour comprendre les décisions qui seront prises ensuite.

définir les priorités
Une fois les enjeux compris, il faut décider sur quoi agir en priorité.
Cette étape prend la forme d’un atelier de travail adapté au territoire.
L’objectif est de :
- partager les constats ;
- identifier les principales problématiques ;
- définir les priorités ;
- préciser les objectifs ;
- choisir les sujets sur lesquels construire un programme d’action.
Un atelier préparé à partir de votre territoire
L’atelier n’est pas générique.
En amont, j’analyse les éléments nécessaires pour que les participants puissent travailler à partir de leur situation réelle.
Selon le projet, cette préparation peut comprendre :
- l’analyse des études et documents existants ;
- l’analyse de données ;
- de la cartographie ;
- un diagnostic des vulnérabilités ;
- des observations de terrain ;
- une recherche bibliographique ciblée ;
- des entretiens avec les acteurs concernés.
Ces analyses sont mobilisées uniquement lorsqu’elles sont nécessaires pour éclairer la décision.
L’objectif reste simple :
arriver à l’atelier avec suffisamment d’informations pour décider collectivement des priorités du territoire.

Construire un programme d’action
Une fois les priorités définies, plusieurs réponses sont généralement possibles.
Les leviers peuvent concerner par exemple :
- le fonctionnement et la couverture des sols ;
- l’infiltration de l’eau ;
- le ralentissement des écoulements ;
- les haies ;
- l’agroforesterie ;
- les bandes végétalisées ;
- les zones tampons ;
- l’organisation du parcellaire ;
- la diversification végétale ;
- certaines évolutions des pratiques agricoles.
Différents scénarios peuvent alors être construits.
Un scénario correspond à une combinaison cohérente de leviers permettant de répondre aux objectifs du territoire.
Ils peuvent être comparés selon leurs effets attendus, leurs contraintes, leur faisabilité, leur coût ou encore leur temporalité.
Le scénario retenu peut ensuite être transformé en programme d’action et en feuille de route.
Lorsque cela est nécessaire, des études plus précises de faisabilité ou de conception peuvent compléter ce travail.

Une démarche agroécologique doit pouvoir être évaluée.
Mettre en place une action ne suffit pas à déterminer son efficacité.
Il faut savoir ce que l’on cherche à améliorer et comment le mesurer.
L’accompagnement peut donc également comprendre :
la définition d’un état initial ;
le choix d’indicateurs ;
le suivi des actions ;
l’analyse des résultats ;
l’ajustement du programme au fil du temps.
L’objectif est de vérifier si les actions produisent réellement les effets recherchés.
De la parcelle au bassin versant
Cette approche peut être utilisée à différentes échelles.
Pour les agriculteurs, agricultrices et porteurs de projet, l’accompagnement à l’échelle de la parcelle ou de l’exploitation est proposé via La Ferme de Morgane.
Pour les collectivités, EPCI, syndicats de l’eau et projets territoriaux, Breizh Oasis intervient à des échelles plus larges : ensemble d’exploitations, territoire agricole ou bassin versant.
La logique reste identique :
Comprendre → Décider→ Agir → Évaluer
Une expertise de l’ensemble du système
L’agroécologie mobilise de nombreuses disciplines.
Selon les projets, un pédologue, un hydrologue, un spécialiste des grandes cultures ou d’autres experts peuvent être nécessaires.
Mon rôle consiste à faire le lien entre ces différentes dimensions, à comprendre leurs interactions et à les intégrer dans une stratégie commune.
Parce qu’un problème d’eau agricole dépend rarement d’un seul facteur.
Il dépend souvent d’un système entier.
Et c’est à l’échelle de ce système que les solutions doivent être pensées.
Votre territoire rencontre des problèmes de ruissellement, d’érosion, d’engorgement, de sécheresse des sols ou de qualité de l’eau ?
Je vous accompagne pour transformer les données disponibles en priorités d’action adaptées au terrain.
Principales références scientifiques
- Abbott B. W. et al., 2019. Human domination of the global water cycle absent from depictions and perceptions. Nature Geoscience, 12, 533-540.
- Van der Ent R. J. et al., 2010. Origin and fate of atmospheric moisture over continents. Water Resources Research, 46.
- Hrachowitz M. et al., 2014. Process consistency in models: The importance of system signatures, expert knowledge, and process complexity. Water Resources Research, 50.
- Dupas R. et al., 2018. Multidecadal trajectory of riverine nitrogen and phosphorus dynamics in rural catchments. Water Resources Research, 54, 5327-5340.
- Guillaumot L. et al., 2021. A hillslope-scale aquifer-model to determine past agricultural legacy and future nitrate concentrations in rivers. Science of the Total Environment, 800, 149216.
- Marçais J. et al., 2022. Dynamic contributions of stratified groundwater to streams controls seasonal variations of streamwater transit times. Water Resources Research, 58.