Introduction
En Bretagne, adapter les territoires commence par l’eau, les sols et le bocage
La Bretagne entre dans une période climatique plus contrastée.
Les projections régionales indiquent des étés plus secs, une baisse des précipitations estivales, des sécheresses des sols plus fréquentes et plus intenses, ainsi qu’une augmentation des pluies fortes et des cumuls hivernaux. Dans une France à +4 °C, les précipitations estivales pourraient diminuer de 26 % en Bretagne, tandis que les pluies extrêmes s’intensifieraient.
Pour les territoires bretons, le sujet dépasse la seule disponibilité d’eau à un instant donné.
Il concerne la capacité des sols à infiltrer et stocker l’eau, la qualité des cours d’eau, l’érosion, les débordements, les prairies, les cultures, les friches et les paysages bocagers.
La Bretagne dépend en grande partie de ses eaux de surface pour l’alimentation en eau potable. Les évolutions du cycle de l’eau rendent donc la protection des bassins versants et des têtes de bassin particulièrement stratégique.
Deux réponses indispensables : atténuation et adaptation
Face au changement climatique, deux leviers doivent être mobilisés en parallèle.
L’atténuation
L’atténuation consiste à réduire les émissions de gaz à effet de serre.
Dans les territoires ruraux, cela implique notamment de préserver les stocks de carbone présents dans les sols, les prairies, les haies, les arbres et les zones humides. Ces milieux peuvent contribuer au stockage de carbone, à condition d’être préservés et gérés durablement. Leur rôle ne remplace pas la réduction des émissions liées aux énergies fossiles, aux engrais azotés ou aux systèmes de production.
L’adaptation
L’adaptation consiste à réduire la vulnérabilité des territoires face aux effets déjà observables du changement climatique : sécheresses, canicules, pluies intenses, ruissellement, inondations, érosion et baisse des débits estivaux.
En Bretagne, cela impose de mieux gérer les excès d’eau hivernaux tout en renforçant la capacité des sols et des paysages à traverser les périodes sèches.
En Bretagne, cela impose de mieux gérer les excès d’eau hivernaux tout en renforçant la capacité des sols et des paysages à traverser les périodes sèches.
La question devient alors très concrète :
Comment ralentir l’eau, favoriser son infiltration, limiter l’érosion et préserver les fonctions écologiques des paysages bretons ?
Les solutions fondées sur la nature
Les solutions fondées sur la nature reposent sur la protection, la restauration ou la gestion durable des écosystèmes afin de répondre à des enjeux comme la gestion de l’eau, l’adaptation climatique, la biodiversité ou la prévention des risques.
Elles peuvent contribuer à l’adaptation comme à l’atténuation, sous réserve d’être conçues avec des objectifs clairs, des garde-fous et un suivi dans le temps.
- restaurer ou préserver des zones humides ;
- protéger les têtes de bassin versant ;
- restaurer des ripisylves le long des cours d’eau ;
- maintenir ou reconstituer des haies et talus ;
- reconnecter des éléments bocagers ;
- restaurer des mares ;
- renaturer certaines friches ou espaces dégradés ;
- désimperméabiliser des sols et recréer des continuités écologiques.
Les haies et talus peuvent ralentir les écoulements, limiter l’érosion, réduire les transferts de sédiments et contribuer à la qualité de l’eau. Leur efficacité dépend fortement de leur implantation, de leur structure, de leur entretien, des pentes, des sols et de leur position dans le bassin versant. Une haie placée perpendiculairement à une pente n’a pas le même effet qu’une haie isolée, mal connectée aux écoulements ou implantée dans une zone peu contributive.
Les solutions fondées sur la nature agissent à l’échelle du paysage et des milieux.
L’agroécologie agit aussi à l’échelle des pratiques agricoles et des systèmes de production.
Elle cherche à réduire les pressions à la source, notamment par :
- des rotations plus diversifiées ;
- le maintien de sols couverts ;
- la réduction du tassement ;
- l’adaptation du travail du sol ;
- une fertilisation mieux ajustée ;
- la préservation des prairies ;
- l’intégration des arbres, haies et infrastructures écologiques dans les fermes ;
- une meilleure articulation entre cultures, élevage, sols et eau.
Dans un territoire bocager comme la Bretagne, l’agroécologie ne peut pas être pensée indépendamment du paysage.
Une prairie, une haie, un talus, une zone humide ou un fossé ne sont pas seulement des éléments de décor. Ils peuvent influencer la circulation de l’eau, l’érosion, le microclimat, la biodiversité et les transferts de nutriments vers l’aval.
L’enjeu consiste à articuler les pratiques agricoles et les éléments paysagers, plutôt qu’à les traiter séparément.
Éviter les projets standardisés
Planter des haies, restaurer des mares ou végétaliser une friche peut être utile.
Le résultat dépend toutefois de la manière dont le projet s’inscrit dans le fonctionnement réel du territoire.
Avant d’intervenir, plusieurs questions doivent être posées :
- où l’eau ruisselle-t-elle lors des pluies intenses ;
- où les sols se dégradent-ils ;
- quels secteurs contribuent le plus aux transferts vers les cours d’eau ;
- quelles pratiques accentuent ou réduisent les pressions ;
- quelles zones humides, haies ou prairies remplissent encore une fonction importante ;
- quelles friches peuvent devenir des espaces de régulation de l’eau ou de continuité écologique ;
- où investir en priorité pour obtenir un effet réel.
Cette lecture doit se faire à plusieurs échelles : parcelle, exploitation, hameau, sous-bassin versant et territoire.
Ce que fait Breizh Oasis
Breizh Oasis accompagne les collectivités dans la conception de projets concrets pour mieux gérer l’eau, renforcer les sols et adapter les terrains agricoles et les friches au changement climatique.
L’objectif consiste à partir des réalités locales :
- sols et leur sensibilité à l’érosion ;
- pentes, ruissellements et zones d’accumulation ;
- pratiques agricoles ;
- haies, talus, prairies et zones humides ;
- cours d’eau, fossés et têtes de bassin versant ;
- usages des terrains agricoles ou en friche ;
- contraintes foncières, techniques et économiques.
Cette approche permet d’identifier les interventions les plus pertinentes : évolution de pratiques, restauration de bocage, protection d’une zone humide, gestion de friche, aménagement antiérosif, renaturation ou mise en cohérence d’actions déjà engagées.
L’enjeu n’est pas d’ajouter des aménagements dispersés dans le paysage.
Il est de construire des projets capables de réduire durablement les pressions sur l’eau, les sols et le vivant, tout en tenant compte des réalités agricoles, foncières et territoriales bretonnes.
Vous avez un terrain, une idée ou un projet à sécuriser ?
Décrivez votre projet, sa localisation, son stade d’avancement et les questions que vous vous posez. Breizh Oasis vous indiquera le niveau d’accompagnement le plus adapté.
Références
Sources
- GIEC, 2022-2023. Rapports AR6 sur l’adaptation, l’atténuation et les solutions fondées sur les écosystèmes.
- Observatoire de l’environnement en Bretagne, projections climatiques et hydrologiques régionales.
- INRAE, travaux de synthèse sur le rôle des haies bocagères dans la qualité de l’eau, la limitation de l’érosion et les services écosystémiques.
- Kratschmer, S. et al., 2024. Hedgerow structural diversity is key to improving biodiversity and ecosystem-service provision. Basic and Applied Ecology.