Introduction
La Bretagne chauffe. Rendons visibles celles et ceux qui préparent les territoires.
Les épisodes de forte chaleur ne relèvent plus de l’exception. En Bretagne aussi, le climat devient plus chaud, les étés plus secs et les contrastes hydrologiques plus marqués. Le sujet ne se limite pas à supporter quelques jours de canicule supplémentaires.
Il concerne l’eau disponible, la production agricole, la santé, les bâtiments, les sols, les paysages, la biodiversité, les activités économiques et, plus largement, notre capacité à vivre sur ce territoire dans les prochaines décennies.
Face à cela, il y a deux chantiers à mener ensemble.
- Le premier est l’atténuation : réduire les émissions de gaz à effet de serre qui aggravent le réchauffement climatique.
- Le second est l’adaptation : préparer les territoires, les fermes, les villes et les infrastructures aux effets déjà en cours et à venir.
Les deux sont indispensables.
En agriculture, la question de l’eau devient centrale
L’agriculture subit directement le changement climatique : sécheresses, canicules, excès d’eau, décalage des saisons, stress sur les cultures, baisse de production des prairies, apparition ou déplacement de certains bioagresseurs.
Elle participe aussi aux émissions de gaz à effet de serre, notamment par l’élevage, la fertilisation azotée, l’énergie et les changements d’usage des sols.
Elle peut également devenir une partie importante de la réponse.
- Des sols vivants et couverts retiennent mieux l’eau.
- Des haies et des arbres ralentissent le ruissellement, limitent l’érosion, créent des microclimats et soutiennent la biodiversité.
- Des systèmes agricoles diversifiés réduisent certaines dépendances et répartissent mieux les risques.
- Des prairies, zones humides et paysages bocagers fonctionnels contribuent à réguler l’eau à l’échelle d’un bassin versant.
Il ne s’agit pas d’appliquer une recette universelle.
Une haie, une mare, un verger, une culture ou une pratique agricole n’a de sens que si elle est cohérente avec le sol, l’eau, le climat local, les usages, les moyens humains et l’objectif du territoire.
Les compétences existent déjà. Elles sont trop dispersées.
En Bretagne, de nombreuses personnes travaillent déjà sur ces enjeux.
Certaines agissent sur la ressource en eau et les bassins versants. D’autres sur les sols, le bocage, les haies, l’agroforesterie, l’élevage, la biodiversité, la restauration des zones humides, la rénovation des bâtiments, les mobilités, l’énergie, l’urbanisme, la santé ou l’alimentation.
Le problème n’est pas seulement l’absence de solutions.
Le problème est aussi le manque de visibilité entre les acteurs, les disciplines et les territoires.
Une collectivité qui cherche à limiter le ruissellement, une ferme qui veut réduire sa vulnérabilité à la sécheresse, une intercommunalité qui travaille son PCAET ou un syndicat d’eau qui cherche à restaurer la qualité de la ressource doivent pouvoir identifier rapidement les bonnes compétences.
Cela suppose de sortir des discours généraux et de parler de ce qui est réellement fait sur le terrain.
Pour ma part, je travaille sur la ressource en eau en lien avec l’agriculture, les sols et les paysages.
La question est simple : comment rendre les fermes et les territoires bretons plus robustes face aux sécheresses, aux excès d’eau et aux canicules ?
Cela implique de comprendre comment fonctionne un site avant de décider quoi y implanter ou transformer.
Où l’eau ruisselle-t-elle ? Où infiltre-t-elle ? Quels sols stockent réellement l’eau ? Quels usages sont compatibles avec la ressource disponible ? Où planter, restaurer, laisser évoluer ou produire ? Quels choix réduisent les risques futurs plutôt que de créer de nouvelles dépendances ?
Les réponses se trouvent rarement dans une solution isolée. Elles se construisent par une lecture croisée de l’eau, du sol, du climat, de l’agriculture, du foncier et des dynamiques écologiques.
Je souhaite rendre visibles les personnes, structures, collectivités, agriculteurs, associations, chercheurs et entreprises qui travaillent concrètement sur l’adaptation et l’atténuation du changement climatique en Bretagne.
L’objectif : mieux identifier qui agit, sur quels enjeux, dans quels territoires et avec quelles approches.
Vous travaillez sur l’eau, les sols, l’agriculture, la biodiversité, l’énergie, les mobilités, la rénovation, l’urbanisme, la santé, l’alimentation ou tout autre levier lié au climat en Bretagne ?
Présentez votre sujet, votre territoire et votre structure.
Les compétences existent. Elles doivent désormais être reliées, mobilisées et mises au service de territoires capables de tenir dans le climat qui vient.